Ce/ceux qu'on retrouve en festival swing — et qu'on ne trouve nulle part ailleurs
- 18 juin
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Il y a des valises qu'on prépare autrement.
Pas celles du travail, pas celles des vacances en famille au sens ordinaire du terme. Celles des festivals swing ont une texture particulière — on y glisse ses paires de chaussures avec soin, on compte ses tenues, on vérifie deux fois qu'on n'a rien oublié. Pas par anxiété. Par anticipation.
Cette année encore, je pars avec mon fils Edgar et nous rejoignons Kitty.

Kitty, enseigne le swing en région parisienne. On arrive à se voir une ou deux fois par an. Pas parce qu'on s'est perdues de vue — parce qu'entre nos vies, ses cours et stages, ma boutique et nos familles, on ne se voit que quand on se le promet. Se retrouver ensemble à un festival est devenu notre rendez-vous fixe, notre ancre dans le calendrier. On se donne rendez-vous à l'hébergement, on pose les valises, et quelque chose se remet en place immédiatement — comme si l'année écoulée n'était qu'une parenthèse entre deux festivals.
Un festival, pour moi, c'est aussi un stand à monter dès le premier matin et à ranger le dernier soir. Entre les deux — la danse, mon fils Edgar, Kitty, et cette communauté qui est à la fois mon métier et ma vie.

✦ Ce que le festival fait que le quotidien ne fait pas
La communauté swing a cette particularité étrange et merveilleuse : elle crée des amitiés profondes entre des gens qui ne partagent parfois qu'une piste de danse et quelques soirées par an. Des gens qu'on ne verrait jamais autrement ou ailleurs. Avec qui on ne parlerait de rien d'autre que de swing, de musique, de cette façon qu'a le swing de tout simplifier — et pourtant, ces amitiés-là tiennent. Elles tiennent parce qu'elles sont pures. Pas de contexte professionnel, pas d'obligations sociales, pas de politesse de façade. Juste la danse, la fatigue partagée, les rires du matin après une nuit trop courte.

Mon fils a grandi dans ces festivals. Il a appris à danser sur ces pistes avant d'apprendre beaucoup d'autres choses. Ce que je lui transmets là n'est pas seulement une danse — c'est une façon d'être au monde, une communauté, un rituel.

✦ La valise — non, LA valise !
On prépare sa valise de festival avec le même soin qu'on mettrait à choisir une tenue pour quelqu'un qu'on veut impressionner — sauf que la personne qu'on veut honorer, c'est le festival lui-même.

Deux paires de chaussures de danse minimum, parce qu'on ne sait jamais combien de temps on va rester sur la piste à danser. Les embauchoirs, le chausse-pied — ces petits gestes d'entretien qui disent qu'on prend soin de ce qu'on aime. Les tenues légères, pensées pour bouger sans y penser. Et glissée dans le sac de soirée, toujours, une serviette de danse BJ Dance Towel — parce que la courtoisie sur la piste fait partie du respect qu'on porte à ses partenaires et à la communauté.
Ce n'est pas une checklist. C'est une préparation au moment.

✦ Ce qu'on ramène
On rentre fatigué, épuisé, éreinté. Toujours. Les jambes lourdes, les pieds fourbus, la voix un peu cassée d'avoir crié pour s'entendre dans la salle, pour acclamer l'orchestre, pour encourager les compétiteurs ou applaudir les démos. Le stand démonté dans la voiture, les cartons à ranger, les chaussures à remettre en forme avec les embauchoirs dès la première nuit chez soi.
Et pourtant on revient rempli. De musique, de danses partagées avec des inconnus devenus familiers le temps d'un cours ou d'une soirée, du plaisir de s'être recroisés cette année encore, de la joie simple d'avoir pu swinguer avec ce danseur-là sur ce morceau de musique-là. De ces petits déj en terrasse, de ces discussions post soirée, de ces "ça commence à quelle heure déjà ?", "c'est dans quelle salle ?", "elle est où ma bouteille d'eau ? ", "on va manger une glace ?". De ces moments avec Edgar et Kitty qui n'existent que là — dans cette bulle annuelle que rien d'autre ne remplace.

La prochaine valise, on la prépare déjà.



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